Couple de propriétaires aux Antilles consultant leur déclaration d'impôts et leur facture d'électricité devant une maison équipée de panneaux solaires

Imposition de la revente de surplus photovoltaïque aux Antilles : ce que vous payez vraiment en 2026

Quand vous revendez le surplus de votre installation photovoltaïque aux Antilles, une question revient systématiquement : l’imposition de la revente de surplus photovoltaïque va-t-elle absorber vos gains ? Bonne nouvelle pour la grande majorité des foyers martiniquais et guadeloupéens : tant que votre installation reste sous le seuil de 3 kWc, les revenus tirés de la revente de surplus sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu. Au-delà, un régime simplifié s’applique, avec un abattement de 71 % qui réduit fortement la note. Dans ce guide, ENR’DEAL détaille le cadre fiscal applicable en 2026 (article 35 ter du Code général des impôts), les seuils à connaître, la façon de déclarer vos revenus — même lorsqu’ils sont exonérés — et les spécificités propres aux Antilles, où le réseau est géré par EDF SEI et non par Enedis.

Information générale à jour pour la déclaration 2026 (revenus 2025). La fiscalité dépend de votre situation personnelle : en cas de doute, rapprochez-vous de votre service des impôts ou d’un conseiller.

Couple aux Antilles analysant la fiscalité de la revente de surplus photovoltaïque devant une maison équipée de panneaux solaires
Illustration générée par IA — ENR’DEAL

Revente de surplus aux Antilles : de quoi parle-t-on exactement ?

La revente de surplus consiste à consommer en priorité l’électricité produite par vos panneaux, puis à injecter et vendre le surplus non consommé sur le réseau public, dans le cadre d’un contrat d’obligation d’achat. C’est le modèle dominant en résidentiel : on parle d’autoconsommation avec vente du surplus, par opposition à la vente en totalité de la production.

Aux Antilles, ce contrat de rachat est encadré par un arrêté tarifaire spécifique daté du 5 janvier 2024, propre aux zones non interconnectées (ZNI). Le tarif de rachat du surplus y diffère donc de celui de la l’Hexagone. C’est ce revenu de revente — et lui seul — qui est susceptible d’être imposé. L’électricité que vous autoconsommez, elle, ne génère aucun revenu : elle réduit simplement votre facture, et n’entre jamais dans le champ de l’impôt.

La règle d’or : l’exonération totale d’impôt sous 3 kWc

L’article 35 ter du Code général des impôts prévoit une exonération d’impôt sur le revenu pour les particuliers qui vendent l’électricité produite par une petite installation photovoltaïque. Cette exonération s’applique lorsque trois conditions sont réunies simultanément :

  • La puissance de l’installation est inférieure ou égale à 3 kWc ;
  • L’installation est raccordée au réseau public en deux points de livraison au maximum ;
  • Elle n’est pas affectée à l’exercice d’une activité professionnelle.

Si ces trois conditions sont remplies, vous ne payez aucun impôt sur le revenu ni aucun prélèvement social sur les sommes versées par EDF SEI au titre de la revente de votre surplus. C’est le cas de la plupart des installations résidentielles modestes aux Antilles.

Point clé souvent mal expliqué : le seuil de 3 kWc s’apprécie par installation (l’ensemble des modules raccordés en un même point) — l’administration ne « fait pas masse des puissances » de plusieurs installations distinctes. Un foyer peut donc avoir jusqu’à deux installations exonérées, chacune ≤ 3 kWc (par exemple résidence principale et résidence secondaire). En revanche, si une même installation dépasse 3 kWc, ce sont ses revenus qui deviennent imposables.

Au-delà de 3 kWc : le régime micro-BIC et l’abattement de 71 %

Dès que la puissance dépasse 3 kWc — cas fréquent pour une installation en toiture de 4,5, 6 ou 9 kWc — les revenus de revente deviennent imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Pas d’inquiétude : pour un particulier, le régime applicable par défaut est le micro-BIC, qui est très avantageux.

Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 71 % (avec un minimum de 305 €) sur vos recettes de revente. Concrètement, seuls 29 % des sommes perçues sont intégrés à votre revenu imposable, puis soumis au barème de l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour un particulier sans SIREN, aucune immatriculation au registre du commerce n’est exigée tant que la puissance reste inférieure ou égale à 9 kWc et le raccordement limité à deux points.

Exemple chiffré : une installation 6 kWc en Martinique

Supposons que votre surplus revendu à EDF SEI vous rapporte 600 € sur l’année. Avec l’abattement de 71 %, la base imposable n’est que de 174 € (29 % de 600 €). Selon votre tranche marginale d’imposition (par exemple 11 %), l’impôt sur le revenu correspondant serait d’environ 19 €, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 % de 174 €, soit ≈ 30 €). Au total, environ 49 € de prélèvements pour 600 € encaissés : la fiscalité reste marginale au regard du revenu généré.

Comment déclarer vos revenus de revente de surplus

Un point essentiel et souvent ignoré : même lorsque vos revenus sont exonérés, ils doivent être déclarés. La déclaration se fait au moment de votre déclaration annuelle de revenus, sur le formulaire complémentaire 2042-C-PRO.

  • Installation ≤ 3 kWc (exonérée) : vous reportez le montant perçu dans la rubrique dédiée aux revenus exonérés — produits de la vente d’électricité photovoltaïque. Vous ne payez rien, mais l’administration est informée.
  • Installation > 3 kWc (imposable) : vous déclarez le montant brut de vos recettes dans la rubrique des revenus industriels et commerciaux non professionnels (régime micro-BIC) du formulaire 2042-C-PRO. L’abattement de 71 % est ensuite appliqué automatiquement par l’administration.

Conservez chaque année le récapitulatif de versement transmis par EDF SEI : il indique le montant exact à reporter.

Le cas des installations professionnelles et des entreprises

Pour une entreprise, une exploitation agricole ou une installation de forte puissance affectée à une activité professionnelle, le régime change : les revenus relèvent du BIC réel, avec comptabilité dédiée, possibilité de récupérer la TVA et d’amortir le matériel. Ces installations peuvent par ailleurs ouvrir droit, dans les DROM, à des dispositifs de défiscalisation outre-mer spécifiques (réduction d’impôt au titre de l’investissement productif). Le sujet dépasse le cadre de cet article : il fait l’objet d’un accompagnement dédié et nécessite l’avis d’un expert-comptable.

Spécificités antillaises : EDF SEI, et non Enedis

📌 Petit rappel utile : aux Antilles françaises, le gestionnaire du réseau électrique s’appelle EDF SEI (Systèmes Énergétiques Insulaires) — c’est l’équivalent local d’Enedis, qui n’opère qu’dans l’Hexagone. Toutes les démarches de raccordement, de contrat de revente de surplus et de versement passent donc par EDF SEI Martinique ou EDF SEI Guadeloupe, jamais par Enedis.

Sur le plan fiscal, en revanche, les règles d’imposition du revenu sont nationales : l’exonération sous 3 kWc et le régime micro-BIC au-delà s’appliquent à l’identique en Martinique, en Guadeloupe et dans l’Hexagone. Ce qui diffère aux Antilles, c’est le tarif de rachat du surplus (arrêté ZNI du 5 janvier 2024) et le régime de TVA à l’achat (exonération sur le matériel, 8,5 % sur la pose), pas le traitement fiscal des revenus de revente.

Une nuance locale joue toutefois en votre faveur dès que vos revenus de revente deviennent imposables (au-delà de 3 kWc). En tant que résident de Martinique ou de Guadeloupe, votre impôt sur le revenu bénéficie de la réfaction outre-mer de 30 % (plafonnée à 2 450 €), qui s’applique à l’ensemble de votre impôt — y compris la part issue de la vente d’électricité. Les prélèvements sociaux de 17,2 %, en revanche, sont identiques à ceux de l’Hexagone.

Questions fréquentes

Dois-je payer des impôts sur la revente de mon surplus photovoltaïque aux Antilles ?

Non, si votre installation respecte trois conditions : puissance ≤ 3 kWc, raccordement en deux points au maximum, et usage non professionnel. Les revenus sont alors totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Au-delà de 3 kWc, ils deviennent imposables au régime micro-BIC avec un abattement de 71 %.

Faut-il déclarer un revenu de revente même s’il est exonéré ?

Oui. Même exonéré, le montant perçu doit être reporté chaque année sur le formulaire 2042-C-PRO, dans la rubrique des revenus exonérés liés à la vente d’électricité photovoltaïque (≤ 3 kWc). Vous ne payez rien, mais la déclaration reste obligatoire.

Comment sont imposés les revenus au-delà de 3 kWc ?

Ils relèvent des bénéfices industriels et commerciaux, au régime micro-BIC : un abattement forfaitaire de 71 % est appliqué, et seuls 29 % des recettes sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Aucune immatriculation au registre du commerce n’est requise jusqu’à 9 kWc.

La règle est-elle différente en Martinique et en Guadeloupe que dans l’Hexagone ?

Les règles d’imposition du revenu (exonération sous 3 kWc, micro-BIC au-delà) sont identiques sur tout le territoire national. Ce qui change aux Antilles : le tarif de rachat du surplus (arrêté ZNI du 5 janvier 2024, géré par EDF SEI) et la TVA à l’achat. Une nuance locale s’ajoute si vos revenus sont imposables (au-delà de 3 kWc) : l’impôt bénéficie alors de la réfaction outre-mer de 30 % (plafond 2 450 €) en Martinique et Guadeloupe.

Et si j’agrandis mon installation existante ?

Le seuil de 3 kWc s’apprécie par installation : les puissances de plusieurs installations distinctes ne s’additionnent pas (« il n’est pas fait masse des puissances »). Si vous agrandissez une même installation au-delà de 3 kWc, c’est cette installation qui perd l’exonération. Mais deux installations distinctes de 3 kWc chacune, dans la limite de deux points de raccordement, restent toutes deux exonérées.

En résumé

Pour la plupart des foyers antillais équipés d’une installation ≤ 3 kWc, la revente de surplus est fiscalement neutre : exonération totale, simple déclaration pour information. Au-delà, l’abattement micro-BIC de 71 % maintient une fiscalité très douce. ENR’DEAL, concepteur photovoltaïque aux Antilles avec pose RGE QualiPV agréée, vous accompagne pour dimensionner votre installation au plus juste — économies maximales, fiscalité maîtrisée — et sécuriser votre contrat de revente auprès d’EDF SEI.