Comment une commune martiniquaise de 8 000 habitants peut-elle réduire sa facture d’électricité de 35 000 € par an tout en contribuant à l’autonomie énergétique du territoire ? C’est l’exercice que nous proposons dans cette étude de cas collectivité photovoltaïque en Martinique : une installation de 50 kWc répartie sur trois toitures publiques (hôtel de ville, école, gymnase), financée via marché public et cofinancée par les fonds européens FEDER et la CTM. Le retour sur investissement se situe entre 4 et 5 ans, pour une installation dont la durée de vie dépasse 25 ans.
Ce cas illustratif détaille chaque étape : diagnostic énergétique, dimensionnement, procédure d’appel d’offres conforme au Code de la commande publique (CCP 2019), montage financier pluri-sources, exploitation en autoconsommation collective à l’échelle des bâtiments publics, et bilan économique réel. ENR’DEAL, SAS installateur photovoltaïque RGE basée à Fort-de-France (siège 11 Rue des Arts et Métiers 97200) avec dépôt au Lamentin (Martinique) et agence à La Jaille, Baie-Mahault (Guadeloupe), accompagne depuis 2018 les collectivités territoriales, EPCI et établissements publics des Antilles dans leurs projets de transition énergétique.
Disclaimer — Cas illustratif représentatif. La « mairie de commune MQ » présentée dans cet article est fictive. Les chiffres, métriques de consommation, coûts, aides et échéances correspondent à une synthèse réaliste construite à partir de projets publics typiques réalisés en Martinique et en Guadeloupe. Aucune commune réelle n’est désignée. Les ordres de grandeur sont conformes aux retours d’expérience ENR’DEAL et aux barèmes CRE/ADEME en vigueur en 2026.
Imaginons une commune martiniquaise de taille moyenne, 8 000 habitants, située sur la côte Caraïbe, avec un centre-bourg concentrant les principaux équipements publics. Le parc immobilier communal comprend une dizaine de bâtiments publics en service toute l’année. Les trois plus consommateurs en électricité, qui porteront le projet photovoltaïque, sont les suivants :
Consommation totale communale sur ces trois sites : 220 000 kWh/an, soit une facture électrique annuelle d’environ 48 000 € TTC au tarif jaune professionnel EDF SEI (ordre de grandeur 0,22 €/kWh tout compris). Les élus souhaitent maîtriser ce poste budgétaire, s’inscrire dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) Martinique, et afficher un engagement concret pour la transition énergétique à l’échelle municipale. Le photovoltaïque en autoconsommation sur bâtiments publics coche toutes les cases.
Avant tout appel d’offres, la collectivité réalise une étude de faisabilité technique. Pour cela, elle peut faire appel à l’AMO (assistance à maîtrise d’ouvrage) d’un bureau d’études ou d’un installateur RGE en amont de la consultation. Les points examinés pour chaque toiture sont identiques à ceux d’un projet privé, mais avec un niveau d’exigence supérieur sur la durabilité et la sécurité :
Le bureau d’études propose une répartition optimale sur les trois bâtiments pour maximiser l’autoconsommation :
Le choix des 50 kWc n’est pas neutre : il correspond à la limite supérieure du palier T2 du barème CRE ZNI, qui offre un excellent ratio tarif d’achat / prime investissement. Au-delà, on bascule en T3 (100-500 kWc) avec un appel d’offres CRE spécifique. Pour une commune débutante sur le solaire, 50 kWc reste le format idéal pour un premier projet maîtrisable, sans concession de terrain ni étude d’impact complémentaire.
En tant que collectivité territoriale, la commune est soumise au Code de la commande publique (CCP) de 2019, qui consolide l’ensemble des règles applicables aux marchés publics. Pour un projet photovoltaïque estimé à 120 000 € TTC (soit environ 100 000 € HT), le seuil de procédure applicable en 2026 se situe au-dessus des 40 000 € HT : la commune doit publier un avis d’appel public à la concurrence (AAPC) et appliquer une procédure adaptée (MAPA). Les étapes clés sont les suivantes :
Le calendrier typique de la consultation à la mise en service est de 8 à 12 mois : 2 mois de préparation et publication, 2 mois d’analyse et attribution, 2 mois d’études d’exécution et approvisionnement, 2 mois de pose et mise en service, 1 à 2 mois de raccordement EDF SEI. Pour une collectivité bien préparée (diagnostic énergétique disponible, crédits inscrits au budget), 8 mois sont atteignables ; en l’absence de diagnostic initial, compter 12 à 14 mois.
Le coût d’investissement d’une installation 50 kWc répartie sur trois toitures, en contexte marché public avec exigences renforcées (sécurité chantier, signalisation, ferraillage anti-cyclone, documentation exhaustive), se situe autour de 120 000 € TTC, soit 2 400 € TTC/kWc. C’est légèrement au-dessus d’une installation privée équivalente en raison des surcoûts procéduraux et de la répartition sur trois sites. Décomposition indicative :
La force d’un projet public, c’est le cofinancement pluri-sources. Une collectivité peut mobiliser plusieurs dispositifs complémentaires :
Plan de financement indicatif d’une opération 120 000 € TTC (hors FCTVA éventuel) :
Ce montage permet à la commune de porter seulement 30 % du coût, soit 36 000 €, pour un équipement générant 35 000 € d’économies annuelles. Le ROI pur sur la part communale est inférieur à 2 ans, et sur le projet global 3 à 5 ans selon le rythme réel des économies.
Une fois les trois installations mises en service et raccordées à EDF SEI (contrats d’autoconsommation avec vente de surplus, un par site), l’énergie produite par les panneaux alimente en priorité la consommation instantanée du bâtiment. Le surplus éventuel (jour férié, vacances scolaires, week-end pour l’hôtel de ville) est injecté sur le réseau et racheté par EDF SEI au tarif CRE ZNI en vigueur.
Le bilan économique annuel type pour les trois installations cumulées :
Les 15 500 € d’économies directes PV ne représentent qu’une partie du gain. La collectivité profite aussi d’effets indirects majeurs :
À cela s’ajoute un point souvent sous-estimé : en conditionnant la pose du PV à une réfection préalable d’étanchéité et à l’installation d’un éclairage LED à l’école, la commune déclenche une baisse de 8 à 12 % de la consommation totale, soit 17 000 à 26 000 kWh/an supplémentaires économisés. Ce gain combiné porte l’économie totale autour de 30 000 à 35 000 €/an dès la deuxième année, toutes composantes confondues.
Le retour sur investissement se calcule différemment selon le périmètre retenu :
Pour un élu confronté au choix « faut-il investir 36 000 € de deniers publics sur cette opération ? », la réponse est limpide : récupération en un peu plus d’un an, puis 24 ans d’économies nettes cumulées supérieures à 700 000 € (valeur actualisée). Aucun placement bancaire, aucun investissement alternatif d’une commune ne peut approcher ce rendement avec ce niveau de risque maîtrisé.
La loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015 fixe un objectif d’autonomie énergétique à l’horizon 2030 pour les territoires ultramarins. La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) Martinique décline cette ambition en trajectoires sectorielles : triplement des capacités PV installées, déploiement du stockage, réduction de la dépendance au fioul importé. Les collectivités locales sont un levier majeur parce qu’elles offrent :
Un projet PV public doit éviter plusieurs écueils récurrents identifiés sur des opérations antérieures en Martinique et en Guadeloupe :
Tout ce qui précède est directement transposable en Guadeloupe, avec quelques ajustements. Le vent de référence Eurocode passe à 36 m/s (versus 32 m/s en Martinique) : structures et fixations légèrement renforcées, surcoût d’environ 3 %. Le productible est similaire (1 300-1 450 kWh/kWc/an). Le cofinancement FEDER transite par le PO Guadeloupe géré par la Région Guadeloupe (autorité de gestion). La CTM est remplacée par la Région Guadeloupe ou le Conseil Départemental selon les dispositifs. Les tarifs d’achat CRE ZNI sont publiés par territoire, avec des valeurs proches mais non identiques. Voir notre guide panneau solaire Guadeloupe.
ENR’DEAL intervient indifféremment sur les deux territoires : siège et dépôt en Martinique (Fort-de-France / Lamentin), agence en Guadeloupe (La Jaille, Baie-Mahault). Nos équipes sont formées aux spécificités des deux procédures administratives (CTM vs Région Guadeloupe, EDF SEI Martinique vs EDF SEI Guadeloupe).
ENR’DEAL propose un accompagnement complet dédié aux collectivités des Antilles :
« Les élus hésitent souvent à se lancer faute de visibilité sur le montage financier. La réalité, c’est que sur un projet de 120 000 € TTC bien ficelé, une commune peut ne porter que 30 000 à 40 000 € de reste à charge, pour un équipement qui rapporte plus de 30 000 €/an pendant 25 ans. C’est un no-brainer budgétaire dès qu’on fait l’exercice chiffré. »ENR’DEAL — retour d’expérience projets collectivités Antilles
« Les élus hésitent souvent à se lancer faute de visibilité sur le montage financier. La réalité, c’est que sur un projet de 120 000 € TTC bien ficelé, une commune peut ne porter que 30 000 à 40 000 € de reste à charge, pour un équipement qui rapporte plus de 30 000 €/an pendant 25 ans. C’est un no-brainer budgétaire dès qu’on fait l’exercice chiffré. »
Pas directement, mais elle peut bénéficier du FCTVA (Fonds de compensation pour la TVA) qui compense forfaitairement la TVA sur les dépenses d’investissement éligibles, en année N+2 ou N+1 selon le régime (attribution rénovée depuis 2021 avec une liste positive d’opérations). L’éligibilité PV est à confirmer au cas par cas auprès de la trésorerie.
En pratique, 12 à 18 mois entre la délibération d’engagement et la production du premier kWh. Ce délai intègre la préparation du marché, l’appel d’offres, les études d’exécution, la pose, le raccordement EDF SEI et la réception. Une commune très bien préparée (études préalables existantes, budget inscrit) peut tenir 9-10 mois.
Non, pas automatiquement. Le PO FEDER 2021-2027 de chaque territoire contient des axes transition énergétique, mais les crédits sont limités et soumis à appel à projets ou à dépôt au fil de l’eau selon les dispositifs. Un dossier solide (pertinence, maturité, complétude) et une enveloppe encore disponible sont les deux conditions. Accompagnement vivement recommandé par un AMO expérimenté.
Non. Les installations inférieures à 100 kWc en ZNI bénéficient du guichet ouvert (tarif d’achat automatique publié par la CRE chaque trimestre via l’arrêté S24 ZNI du 5 janvier 2024). Au-delà de 100 kWc, passage en appel d’offres CRE spécifique ZNI. 50 kWc est donc dans la zone confortable du guichet ouvert.
Généralement une déclaration préalable de travaux suffit si les modules épousent la pente de la toiture et ne modifient pas l’aspect extérieur au-delà d’une surface significative. Pour un bâtiment public inscrit ou classé, ou en secteur protégé (ABF), un permis de construire peut être requis. À vérifier systématiquement en amont auprès du service urbanisme.
Le surplus est injecté sur le réseau EDF SEI et racheté au tarif T2 ZNI en vigueur. Pendant un pont ou une semaine de congés, le taux d’autoconsommation baisse temporairement (de 80 % à 20-30 %), mais la production reste intégralement valorisée par la vente de surplus. Aucune énergie n’est perdue.
Pour aller plus loin, consultez notre étude de cas hôtellerie aux Trois-Îlets, notre étude de cas autoconsommation collective en copropriété, notre étude de cas 36 kWc PME au Lamentin, notre guide panneau solaire professionnel en Martinique et notre guide des aides 2026. Sources : Code de la commande publique (2019), arrêté S24 ZNI (5 janvier 2024), Programme Opérationnel FEDER Martinique 2021-2027, loi LTECV du 17 août 2015, PPE Martinique, CRE open data, photovoltaique.info.